Perle macronesque 24

Discours de M. Macron à la conférence des évêques de France
Collège des Bernardins – Lundi 9 avril 2018

17 pages en police de caractères Arial 12 points d’un discours que le ridicule dispute à l’ennui, à la honte et aux erreurs répétées, voilà le discours de M. Macron au collège des Bernardins devant un parterre de représentants de la foi catholique. Nous allons déconstruire ce fatras de pédanterie pour en montrer le ridicule et le déshonneur, mais la question reste entière : que se cache-t-il derrière cette démarche réactionnaire ?

Nombreux ont été les commentateurs à vous rappeler la loi de 1905 M. Macron. Votre allégeance à l’église catholique et au prétendu socle chrétien de notre culture dans ce discours odieux n’est pas sans rappeler de manière isomorphe celui de M. Sarkozy au Latran (20 déc. 2007). Votre acharnement à détruire ce que notre démocratie républicaine a de plus intangible, la laïcité dans laquelle s’expriment la liberté, l’égalité et la fraternité est encore une limite que vous franchissez sans vergogne. C’est bien l’accumulation de vos frasques qui précipitera votre chute.

Vos confusions sur la laïcité sont consternantes de stupidité. On se demande si c’est votre « plume » ou vous-même qui avez commis ce tissu d’âneries. La laïcité M. Macron est un concept simple, mais sans doute votre prétendue « pensée complexe » est-elle hermétique à l’adage « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire nous viennent aisément » ? La laïcité entendue par la majorité des citoyens sans pensées complexes, c’est de considérer le culte d’une religion quelconque comme relevant de la sphère privée. La vie de la communauté citoyenne doit s’organiser sous le sceau de l’athéisme. Il ne faut pas être grand clerc pour consulter wikipédia qui nous informe que :

« Au début du XXI° siècle, l’athéisme est défini, notamment, comme l’absence []ou le refus[] de toute croyance en quelque divinité que ce soit, ou comme une attitude sociale ou politique, ou une doctrine niant[] l’existence de quelque dieu ou divinité que ce soit. Le terme s’oppose donc au théisme et est à distinguer de l’agnosticisme ».

Nous pensons en effet qu’avec cette définition en tête vous auriez évité votre galimatias.
Reprendre l’intégralité de votre discours nous mènerait sans doute à en écrire encore beaucoup plus que 17 pages. Il est en effet tellement truffé d’infamies que cela demanderait des efforts laborieux qui finiraient par manquer leur cible.
Revenons sur quelques points.

  • « … le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé … à vous comme à moi de le réparer »

Réparer quel lien M. Macron ? Les catholiques sont des citoyens comme les autres et si vous sous-entendez que le lien entre l’Etat et les citoyens s’est dégradé depuis votre prise de fonction, alors en effet on ne peut que donner du crédit à ce propos.

  • « L’exemple du colonel BELTRAME … »

Comme vos prédécesseurs en quête de légitimité de « père de la nation » vous avez besoin de créer des mythes et des légendes autour de faits que vous gauchissez. Vous investissez l’émotion des citoyens avec des faits détournés afin de les manipuler collectivement. Il n’est pas question ici de minimiser l’action de M. Beltrame mais de lui donner une explication rationnelle. Au même titre que « Je suis Charlie » cette appropriation de cet évènement est indigne et relève d’une intelligence boueuse. On pourrait aussi légitimement penser que M. Beltrame était un professionnel et en tant que tel il avait apprécié la situation et ses dangers avant d’agir ? Pourquoi invoquer sa foi et son engagement maçonnique ? Vous vous révélez là encore un manipulateur d’informations cynique. Favoriser l’émotionnel plutôt que la raison est une technique éprouvée qui consiste à privilégier l’émotion à la raison. De cette manière on shunte le pouvoir d’analyse et donc le sens critique de l’individu. On peut le cas échéant appuyer cet artifice par des références à la morale et des valeurs judéo-chrétiennes. Par ailleurs, le recours à l’émotionnel permettra d’ouvrir les voies de l’inconscient individuel et collectif et d’aller y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

  • Discours truffé d’erreurs logiques

En dehors des fautes liées à l’affirmation des conséquents votre discours est un exemple parfait pour tous les étudiants en philosophie analytique et un examen de 1er cycle en logique. Vos raisonnements violent allégrement la logique des propositions. La formalisation de vos affirmations dans vos raisonnements en logique des prédicats du 1er ordre ne laisse aucun doute sur les erreurs des conclusions. Les sophismes sont pléthoriques. Vous semblez vous enorgueillir de citations dans votre texte qui auraient pour vocation d’illustrer et de justifier votre propos. En dehors du fait qu’elles sont très mal choisies voire en contre-sens total, elles ne masquent pas la pauvreté de votre dialectique passée au crible de la logique modale.

Nous connaissions déjà votre fatuité, nous avions déjà décelé votre imposture philosophique, vous montrez encore votre incapacité à tenir un discours logique construit. Vos démonstrations sont truffées d’erreurs grossières dont vous n’êtes même probablement pas conscient. Doublé d’un fat égotique vous affichez une ignorance coupable. Nous nous sommes livrés à ces analyses M. Macron, et nous tenons à votre disposition ainsi qu’à celle de vos adorateurs marcheurs morts un ensemble d’exemples analysant votre texte et en démontrant la supercherie logique. En voici un exemple simple.

« Si, comme nous le savons, la France a une histoire baignée de morale catholique alors certains français sont catholiques. Or certains français sont catholiques donc la France a une histoire baignée de morale catholique »

Le tour de passe-passe semble astucieux, c’est une erreur logique de l’affirmation des conséquents. Les autres exemples sont à disposition des lecteurs.

  • « .. la laïcité n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos citoyens »

Il faut quand même une ignorance crasse de la définition de laïcité pour oser proférer cela. Nous vous avons rappelé le concept d’athéisme présidant à la laïcité, il semble nécessaire de vous formuler une définition claire de la laïcité. « Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l’Église et de l’État et qui exclut les Églises de l’exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement[] ». Mais le devoir de l’état et son représentant M. Macron est bien de prendre toutes les distances possibles avec toutes les religions et vous semblez à ce point enkysté dans une confusion qui vous caractérise si bien d’ailleurs que vos atermoiements autour de cette question centrale deviennent pathétiques et provoquent une certaine gêne citoyenne.

  • « Je suis, comme chef de l’Etat, garant de la liberté de croire et de ne pas croire, mais je ne suis ni l’inventeur ni le promoteur d’une religion d’Etat substituant à la transcendance divine un credo républicain ».

On touche ici à l’essence même de votre personnalité, un fat se délectant de phrases creuses alambiquées alimentant l’admiration de vos marcheurs décérébrés et provoquant désormais les moqueries les plus drôles chez les citoyens animés par le bon sens. Par ailleurs vous noterez M. Macron l’erreur logique de votre première proposition. En logique des prédicats dont l’algèbre de Boole est une formalisation, le fait d’utiliser le connecteur « ET » entraîne un résultat vrai si et seulement si les 2 prémisses sont vraies. Or vous nous expliquerez M. Macron comment on peut croire et ne pas croire « en même temps ». Il eut été pertinent d’employer un « ou » de bon aloi. Encore une fois vous nous livrez sans pudeur le fruit de vos confusions mentales de gommeux pédant. Il vous faudra bien comprendre un jour que les citoyens dont vous réclamez le statut de président (mal élu) ne sont pas tous admiratifs de votre prétendue pensée complexe et qu’ils savent à ce titre décrypter aisément vos supercheries intellectuelles.
Nous n’évoquerons pas plus avant l’ensemble des propos d’une vacuité insondable de votre discours, nous avertissons simplement le lecteur potentiel de ce texte ridicule que ce type de propos est pléthorique. C’est certes lassant mais c’est le meilleur révélateur de ce que vous êtes, inconsistant.

  • Nous ne résistons pas cependant à livrer un dernier exemple de pipotron tonitruant dont vous êtes le chantre : « Et de l’autre côté, on a trouvé toutes les raisons de ne pas écouter les catholiques, les reléguant par méfiance acquise et par calcul au rang de minorité militante contrariant l’unanimité républicaine. »

Si tant est qu’on essaie de donner un peu de sens à cet enchevêtrement abscons on pourrait essayer de comprendre que les citoyens nourrissent une certaine méfiance à l’égard des catholiques. Mais M. Macron on n’a pas oublié la position des représentants de l’église par la voix de Pie XII face au régime nazi. On n’a pas oublié et on n’oublie pas leur acharnement à lutter contre l’IVG qui, on vous le rappelle, reste une loi républicaine. On n’oublie pas leur « manif’ pour tous » contre le mariage homosexuel. Voilà quelques raisons M. Macron pour lesquelles nous estimons en effet que la laïcité est une ligne de partage des eaux infranchissable entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Nous n’évoquerons pas ici la représentation de la femme dans l’univers de la pensée catholique, ce serait affligeant.

  • « … parce qu’il [questionnement catholique] entend offrir un sens et des repères à ceux qui trop souvent en manquent ».

On atteint ici des sommets de confusion. Le questionnement catholique serait ainsi selon vous une réponse à ceux qui manquent de repères. A qui faites-vous allusion ? A quels repères faites-vous référence ? Au-delà de ces questions essentielles, il apparaît que vous fusionniez dans le même creuset philosophique morale catholique et morale républicaine. On ne sait pas si cet imbroglio est un dessein ou une flagornerie coupable. On n’attend pas M. Macron de l’ordre catholique de nous dicter nos repères. Nous attendons de l’Etat qu’il mette les moyens nécessaires pour éduquer nos enfants et à ceux qui les auraient oubliés nos repères collectifs dans le cadre d’une morale républicaine. Nous laissons à celles et ceux qui souhaitent les changer dans la sphère privée toute latitude pour le faire.

  • Nous passerons sous un silence pudique les débordements emphatiques propres à provoquer des troubles biliaires. Nous relèverons cependant quelques-unes de vos pédanteries de philosophe médiocre.

Vos références à Pascal (Blaise). L’œuvre de Pascal présente un intérêt épistémologique considérable, notamment parce qu’elle montre qu’on peut être à la fois génial en certains domaines et renoncer à tout esprit critique dans d’autres. Pascal écrit qu’un esprit peut être « droit » dans un domaine et « faux » dans un autre. Il savait de quoi il parlait. Il semble avoir appliqué à lui-même les procédés qu’il conseille au mécréant pour trouver la foi : renoncer à la curiosité inquiète des choses (§ 18) qu’on ne peut savoir prendre de l’eau bénite et faire dire des messes (§ 233), se mettre à genoux et prier des lèvres (§ 250). Bref, que ce soit « Les pensées » ou « Les provinciales », l’œuvre de Pascal est sujette à trop d’exégèse pour être citée hors contexte, ce que vous faites allégrement. Mais nous savons M. Macron le philosophe de 4 sous que vous êtes et il faut bien que ce soit ce triste M. Collomb réduit à l’état d’adorateur-flagorneur sénile en chef pour s’extasier sur votre style indigne d’un élève de terminale.

Vos références à Bataille (Georges). Elles ne sont pas moins des contre-sens navrants. Georges Bataille a produit une œuvre complexe et difficilement classable et le citer dans le contexte de votre discours est simplement d’une sottise consommée. Bien qu’il se déclare profondément athée, il s’est en effet intéressé au sacré, aux mysticisme, chamanisme, bouddhisme zen, rites païens ou para-religieux ; et sa fascination pour le religieux et les communautés le conduit à créer, avec un groupe d’initiés, une société secrète, ésotérique, en marge de la revue Acéphale, ainsi que d’autres collectifs dont le thème directeur est la « sociologie sacrée. ». Sa production littéraire sur un érotisme débridé ferait sans doute florès devant un parterre de nonces. Vous auriez gagné notre estime si vous aviez osé cette référence.

Votre propension à citer n’importe quel auteur, à n’importe quelle occasion, et n’importe comment vous rend d’un ridicule qui fait désormais votre marque de fabrique. On va essayer M. Macron de vous expliquer simplement la difficulté de citer à bon escient par exemple simple.

Un jour, Nietzsche passant devant l’étale d’un charcutier-traiteur aurait dit « Tiens je me ferais bien une petite choucroute moi ! » est-ce pour autant qu’il est devenu la caution philosophique de « La taverne de Maître Kanter » ?

Voilà déjà 5 pages que nous consacrons aux 4 premières pages de votre logorrhée pathétique et indigne. Vous aurez compris M. Macron que si cette intervention devant les représentants de l’église catholique a eu l’heur de séduire une minorité réactionnaire de la foi, elle a produit chez la grande majorité des citoyens indignation, et apitoiement devant votre insignifiance qui pourrait prêter à rire si vous n’étiez pas à votre position.
Nous nous réservons le droit de continuer cette déconstruction quand il nous plaira, s’il nous plait et surtout si nous ne sommes pas appelés entre temps à réagir à vos « perles macronesques » dont la fréquence augmente dangereusement. 

 

 

 

 

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