L’idée que « l’Occident existe à travers ses racines chrétiennes » est une connerie monumentale. C’est un slogan de paroisse recyclé en arme politique, pas une vérité philosophique.
Onfray n’en est pas à son coup d’essai pour faire le buzz en soulevant de faux problèmes.
D’abord, confondre origine et essence est une faute logique de débutant. L’Occident a connu le christianisme comme il a connu la peste noire, les guerres féodales et la féodalité : ça fait partie de son passé, pas de son identité. Un adulte ne se définit pas par ses couches-culottes.
Ensuite, le christianisme n’a jamais été l’alpha et l’oméga : la pensée grecque, le droit romain, les mathématiques arabes, la philosophie juive, les échanges avec l’Inde et la Chine, voilà le terreau. Réduire ce kaléidoscope à une église, c’est pratiquer une lobotomie historique.
Troisièmement, le christianisme a surtout servi de cadenas. Il a persécuté Galilée, cramé Giordano Bruno, interdit des livres, dressé des bûchers. Les vrais moments où l’Occident a respiré, c’est quand il a arraché les dogmes : les Lumières, la sécularisation, la science moderne. L’Occident n’a pas grandi grâce à l’Église mais contre elle.
Quatrièmement, ce christianisme qu’on brandit comme racine pure est en réalité un patchwork : né du judaïsme, phagocytant Platon et Aristote, trafiqué par Rome, dopé par l’islam médiéval. Ce n’est pas une racine mais un compost.
Enfin, parler de « racines chrétiennes » est une opération de ghetto identitaire : ça sert à exclure, à dire que les athées, les musulmans, les bouddhistes n’ont pas leur place dans « l’Occident ». Mais philosophiquement, c’est une imposture. L’Occident, c’est le mouvement même de l’auto-négation : Nietzsche l’avait vu, c’est la civilisation qui se détruit pour se recréer.
En vérité, l’Occident n’est pas l’enfant sage d’un dieu, c’est le parricide qui a étranglé ses prêtres pour inventer la liberté, la science et la critique. Vouloir l’enfermer dans ses « racines chrétiennes », c’est comme vouloir remettre un aigle dans sa coquille d’œuf.
Onfray publie beaucoup, beaucoup trop. C’en est même écocidaire si on considère le nombre d’arbres qu’il a fallu sacrifier pour publier ses conneries. Il devrait relire (lire peut-être ?) Wittgenstein, Russel et Bouveresse. Oublions vite ce crétinisme nauséabond qui alimente les thèses moisies de l’extrême droite.
(Si vous en voulez plus j’en ai encore en magasin avec des concepts comme « ontologie », « essentialisme » et citer Hegel, Sartre voire Heidegger).
Bon laissons Onfray délirer sur le plateau de Cnews de… Bolloré. Je ne voudrais pas être méchant mais Onfray est à la philosophie ce que le bidet est à la gastro-entérite.
Toutes les disciplines ont leur poubelle, Onfray finira dans celle de la philosophie avec BHL, FINKELKRAUT, ENTHOVEN, FERRY et consort.
Tout cela est une caricature d’intelligence propre à interroger les cons. Pourquoi ?
Le fascisme nait avec les fous, se développe avec les salauds et perdure avec les cons.
On est en bout de chaîne là.
23 septembre 2025









