Vos gueules les muets !

Vos gueules les muets !

 

 

Je trouve que dans pas mal de commentaires, il y a une certaine condescendance voire un mépris pour le mouvement des Gilets Jaunes. « Anti-écolo », « poujadiste », « jacquerie », « irresponsable » quand ce n’est pas « homophobe » ou « raciste ». On dirait que ça dérange, un mouvement populaire, voire prolétaire. Des gens que d’ordinaire on n’entend jamais, et qu’on n’écoute jamais, qui prennent l’initiative de bloquer le pays, ça inquiète, d’autant qu’on ne sait pas comment ça peut tourner et que déjà les tentatives de récupérations politiques fleurissent (les Le Pen et les Wauquiez, si proches du peuple…). Et si ça craque, le gouvernement n’a pas d’interlocuteur (c’est bête d’avoir écarté ou discrédité les corps intermédiaires…).

Alors, il y a de tout, forcément, et pas toujours que du bon… il faut de tout pour faire un peuple. Et, venant des BOUR (les bourgeois urbains) de LREM ou des médias, ces propos ne m’étonnent pas, l’incompréhension (ou l’indifférence) se conjuguant avec le mépris de classe dont ils sont coutumiers : déjà que la banlieue ils s’en foutent, allez leur expliquer qu’il existe quelque chose au-delà. Mais de la part de personnes qui se piquent d’idées « sociales » ou « écologiques » et qui se lamentaient de l’apathie du peuple !? Pas assez éco-responsable, le mouvement ? Pas assez « conscientisé » ? Il vous faudrait une révolution sur mesure avec des gens « raisonnables » à sa tête, et si possible sans gluten ? C’est pourtant pas difficile de comprendre qu’on a viré les gens modestes des villes et que si on leur ferme les gares, les écoles, les maternités, les services publics de proximité, ils deviennent tributaires de leur véhicule… Et ça dénote là aussi d’une forme de mépris de classe de la part de gens qui veulent le bien du peuple, mais n’en font pas partie, et à condition que ce peuple reste bien encadré et bien domestiqué… à sa juste place, quoi.

20 nov. 2018

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Une réponse

  1. Olmedo dit :

    Le mépris c’est se méprendre au nom d’un préétabli qui se décode entre préjugés et rencontre sans spontané inconscient mais essentiel… c’est un phénomène exécrable… Il parle plus et fait tant de mal que l’on comprend pas sur le coup… Le mépris c’est un traitement qui ne pose aucun regard sur autrui… aucun intérêt sur ce qu’il représente… son histoire réelle… il peut s’accompagner d’indifférence mélangée à de l’incompréhension… Le mépris cela se vit comme une négation comme une sidération… Le mépris, quand on comprend son sens par l’expérience… c’est un enfer d’aveuglement sans consentement de l’objet qui en résorbe les crachats comme une éclaboussure de souillure indigne… Le mépris c’est de l’ironie qui ne questionne plus sa distance avec son propos car cela lui semble trop clairement une vérité commune et qui se partage avec le monde… Mais il ne sait, en fait, pas trop que cette ironie décodée par l’autre qui fait les frais d’un traitement sans regard, reste vigilent et sait très bien que cette vérité ne se partage pas avec lui… Le mépris c’est signer l’arrêt de mort de quelqu’un avec son consentement…
    Pourquoi j’écris cela… c’est l’expérience du mépris qui me fait écrire cela… Seulement, il y a une grande différence entre être payé avec une arme pour l’imbécile qui ne parle pas et s’attaque à l’homme… et celui dont on ne parle que de l’imbécilité de ses propos violents sans arme et casse la vitrine indifférente pour récupérer de l’autre côté une part d’humanité déniée…
    Le jaune c’est un rire corrosif et sarcastique… pour l’étoile… je m’abstiens d’en établir des relations bien claires avec notre réalité contemporaine…

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