Macron ose ! C’est à cela qu’on le reconnaît.

  1. « Il ne faut jamais chercher à être aimé », déclare Emmanuel Macron. La raison : « À ce moment-là on devient otage, on rentre dans une grammaire de la spécularité, du regard de l’autre. C’est un piège terrible. »

  2. Emmanuel Macron dénonce « le nihilisme et l’affaissement moral post-moderne ». « Quand on ne croit plus vraiment dans les choses ou qu’on est dans le relativisme constant, plus rien ne vaut rien », E. Macron vise en premier lieu « tous ceux qui aspirent à devenir des petits bourgeois, soit ils le sont socialement, soit ce sont des petits bourgeois de la pensée ». 

  3. Quant à ceux qui « invoquent la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela et qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL », ils « ne savent pas ce qu’est l’histoire de notre pays ».

Voici donc l’alpha et l’oméga de la pensée du Jupiter élyséen au terme d’une année d’un règne des plus calamiteux que notre pays ait connu.

  1. Nous lui concédons qu’hormis la caste à laquelle il appartient il y a de moins en moins de candidats à cette éventualité. Quant à la raison pour laquelle il ne faut pas chercher à être aimé, ça sent quand même la démonstration de collège : « je ne veux pas que tu m’aimes, je veux rester libre ! ». C’est en général ce que les collégiennes servent aux adolescents acnéens pour s’en débarrasser à bon compte. Remarquez, compte-tenu de ses dispositions philosophiques on ne pouvait guère attendre mieux. C’est proprement extravagant comme la pensée complexe du Jupiter autoproclamé peut se révéler d’une stupidité somme toute prévisible. Nous pensons qu’il serait urgent de prévenir M. Macron que le fait d’être prévisible est bien pire que le fait d’être stupide. « … une grammaire de la spécularité… ». La spécularité c’est un effet miroir, « la grammaire de la spécularité » c’est la logique délétère (au sens des règles) de l’effet miroir dont on deviendrait l’esclave. Devant l’incongruité de la formule, le cuistre se rattrape aux branches par une explication à 2 sous. Formule mal choisie, sémantique approximative, redondance appauvrie, enfin toute la cuisine nauséabonde de la pensée complexe du paltoquet. « A chercher être aimé on devient l’esclave du regard d’autrui », eh bien voilà, c’était aussi simple que le rasoir d’Ockam M. Macron ! Heureusement que le ridicule ne tue pas, M. Macron se serait déjà suicidé plusieurs fois !

  1. Mais qu’est d’autre M. Macron qu’une incarnation parfaite du post-modernisme ? La meilleure preuve c’est sa propension à utiliser abondamment la formule qui fait désormais une de ses marques de fabrique « <proposition 1> en même temps <proposition 2> ». « Je veux plus d’égalité dans notre société, en même temps, je vais abroger l’ISF ». Le post-modernisme se caractérise par sa confusion entre les valeurs de vérité. Qui d’autre que M. Macron hormis Lyotard lui-même incarne le mieux les valeurs post-modernes ? Afin de vous faire une idée sur les affirmations performatives de M. Macron nous vous engageons à prendre connaissance de ce qu’est le post-modernisme (La Condition postmoderne. Rapport sur le savoir (1979)). Sans doute M. Macron, prompt à la pensée complexe, n’a-t-il pas suffisamment pris soin de lire cet essai fondateur ? Il fallait oser le faire, il l’a fait.

Et puis « il faudrait croire dans les choses ». Nous, pauvres hères sans pensées complexes, nous croyons également dans « des choses » mais certainement pas aux « choses-mensonges » de M. Macron.

Quant à la dernière saillie, nous aimerions qu’elle nous fût expliquée. Comment peut-on aspirer à un état (petit bourgeois) et l’être déjà ? C’est sûrement un effet pervers du « … en même temps … » ? Il est singulier de lire de tels propos sous la plume d’un individu qui a été mis en place par les plus grandes fortunes de France et d’Europe. Ce malandrin de la politique poursuit avec un acharnement sans faille la destruction d’un système social porteur d’avenir et de sécurité pour tous, il élabore une politique rétrograde digne des maîtres de forge du XIX° siècle sous les apparences d’un modernisme trompeur et il ose parler de « petit bourgeois ». Il fallait quand même oser cette saillie. « Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. » (« Les Tontons Flingueurs »). On tient peut-être ici une autre marque de fabrique du Jupiter des bacs à sable, celle de « tout oser ». On ne voudrait pas se rendre coupables d’un syllogisme facile mais la tentation est grande de suivre ce raisonnement.

  1. M. Macron en dehors d’être fâché avec la logique, les faits, et ceux qui ne suivent pas ses délires montre une intolérance coupable avec les ordres de grandeur. Il ne s’agit pas de 50 € d’APL M. Macron mais juste de 5 € ! On ne va gloser pour si peu, juste un facteur 10 en quelque sorte. Après les « … petits bourgeois … » voilà que Jupiter ose invoquer la réduction d’APL en reléguant ceux qui se sont insurgés à de vulgaires ignorants de la grandeur de notre histoire. Encore une fois il fallait oser ! Nous ne rappellerons pas au cuistre que notre histoire a été forgée avec le peuple, avec ceux qui ont fait les révolutions, qui ont donné un sens politique à notre histoire et certainement pas avec les gommeux qui usent les moquettes des antichambres du pouvoir financier avec leurs mocassins de « … bourgeois … », mais avec leurs galoches qui se sont usées sur les pavés.

En bref, le décodage des propos macronesques tend à montrer ce que le Jupiter de l’Olympe du ridicule a fait d’« oser » une marque de fabrique. Notre pensée complexe proche de celle de Michel Audiard nous amène à des conclusions sans appel.

 

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