Le végétarisme

« On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités. » Gandhi.

D’où peut bien venir cette arrogance du genre humain carnivore ? Comment peuvent-ils s’imaginer l’ombre d’une seconde en droit de dévorer tout ce qui est vivant ? Comment en bref peuvent-ils imaginer qu’ils occupent le sommet de la pyramide du vivant et qu’ils peuvent à volonté se repaître de la chair des autres ? Oui il s’agit bien d’arrogance. Un triple cornichon de chasseur se fait charger par un sanglier et il perd sa misérable vie, on parle d’accident tragique. Une bonne bande de sous-cérébrés font un massacre en Sologne, on parle de chasse et on y associe une forme de bravoure pétrie de légendes. Des monstres poursuivent un cerf dans un jardin en lisière de la forêt de Chantilly lors d’une chasse à courre pour le « servir » et personne ne trouve rien à redire. Il faut savoir que ces aimables tortionnaires accoutrés de jaquettes ridicules et de chapeaux improbables ont le droit de pénétrer partout où la bête s’est réfugiée afin de la massacrer, la « servir » disent-ils dans leur jargon séculaire.

Ces gens m’ennuient beaucoup, voire ils me dégoûtent. Mais il y a bien pire. L’aimable client qui achète sa tranche de jambon sous cellophane et qui misérablement la bouffera devant sa télévision agrémentée d’une purée en boîte. La distance est grande entre le verrat grognant et la tranche de jambon ingérée devant des inepties télévisuelles. La distance est égale à la quantité de tâches qu’il aura fallu opérer par différents opérateurs. Mesurez le nombre d’opérations nécessaires et vous aurez la prise de conscience du consommateur. Imaginez un instant le cuistre devant sa télévision s’approcher du cochon un couteau à la main et lui trancher la gorge dans une explosion de sang et de cris insoutenables. Ah là oui ça a de la gueule hein ? Sûrement moins que la tranche de jambon. Il y a encore beaucoup mieux. Vous traînez un consommateur moyen d’abord aux portes d’un abattoir aux culs des camions qui déchargent, sans âme, leur quota de bovins, ovins, porcins. Avez-vous déjà vu les vaches prises de panique à qui les bourreaux de l’abattoir brisent les pattes à grands coups de barres de fer ? Avez-vous déjà vu le désespoir panique d’un cochon qui vient de prendre conscience de sa mort imminente ? Ceci n’est que l’antichambre du massacre. L’intérieur de l’abattoir va révéler toute sa cruauté et sa barbarie. La mort s’inflige de manière mécanique, sombre et organisée. Le sang coule à flot, les viscères d’un côté, la chair de l’autre, « les temps modernes » en fait.

Ceux qui élèvent, ne sont pas ceux qui livrent, ne sont pas ceux qui tuent, ne sont pas ceux qui dépècent, ne sont pas ceux qui organisent les carcasses sur les crocs de boucher qui eux-mêmes ne sont pas ceux qui débiteront les tranches de jambon, les steaks saignants et autres chairs de douleurs et de morts vécues dans l’horreur. Et au bout de cette chaîne il y a le consommateur aux mains propres fleurant bon le Channel N°5 dans la boutique du dernier des barbares. « Ah, Madame Jacqueline, il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? Oh vous savez ici, c’est du premier choix, nos bêtes sont tracées. Et puis je vous mets une petite cervelle d’agneau, pour le petit ? ». Ite missa est. La reproduction de l’espèce est en marche. Le « petit » à qui on donnera de la cervelle d’agneau s’en trouvera fort aise de savoir que la peluche de l’agneau qu’on lui a offert à Noël, plein de componction et les yeux humides de bonheur dégoulinant, est aussi un animal dont il se repait de son cerveau.

Les poissons suivent le même sort. Quand ils ne sont pas élevés en batterie aquatique, ils sont pêchés dans des filets de plusieurs kilomètres, avec, en sus, toute la batterie de technologie moderne : des sonars ultra sophistiqués qui ne leur laissent absolument aucune chance. Après quoi ils sont « triés », éviscérés et plongés dans un bain de glace. Combien de gens savent que le pêcheur en mer quand il revient à terre prend connaissance des cours des espèces de poissons ? Si le cours est trop bas il rejettera en mer des centaines de kilos de poissons morts afin de faire monter les prix. Dans les filets, les poissons sont frottés les uns contre autres et s’arrachent mutuellement les écailles jusqu’à saigner, se provoquant des douleurs insupportables. « Une petite sole, Madame Solange ? Ah elle est un peu plus grosse je vous la mets quand même ? ». Qu’il est plaisant sur les marchés nationaux d’entendre les harangues de nos commerçants qui nous incitent avec bonhommie à consommer les « bons produits frais de nos mers et océans ».

S’il fallait que le consommateur anonyme tue avec une telle brutalité et sauvagerie, pourrait-on imaginer qu’il mange avec autant d’appétit ? Là est bien le problème, la déresponsabilisation. Mes contemporains carnivores, je ne suis pas certain de vous aimer.

«Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.» disait Albert Einstein.

Pour satisfaire l’insatiable appétit des humains pour la viande, on dénombre à ce jour la quantité suivante d’animaux en détention sur cette terre :

  • 1 milliard de cochons
  • 1,3 milliard de bovins
  • 1,8 milliard de moutons et de chèvres
  • 13,5 milliards de poulets (soit plus de 2 poulets par habitant sur terre).

– Jamais encore, dans toute l’histoire de l’humanité, autant de lait, de fromage, de yogourts et d’œufs n’ont été consommés qu’à ce jour. Depuis la deuxième partie de ce siècle, la production de poisson est passée de 21 millions à 120 millions de tonnes.

– En 1997, 85 millions de tonnes de viande de porc ont été «produites». La moitié de cette quantité est consommée rien qu’en Chine.

– Une vache a besoin de 7 kilos de céréales pour «produire» un kilo de viande. Pour les cochons, la quantité est de 4 pour un et pour les poulets de 2 pour un.

36% des récoltes mondiales de céréales sont destinées à la nourriture des animaux dits de rente, et ce chiffre est de 70% pour les pays industrialisés.

– Si l’on prélevait seulement 10% sur les 670 millions de tonnes de céréales destinées à l’alimentation des animaux «de rente», on pourrait nourrir 225 millions de végétariens supplémentaires.

– La consommation excessive de viande est responsable, rien qu’aux États-Unis, d’un coût annuel de 60 à 120 milliards de dollars (estimation fournie par le Dr Colin Campbell).

– Les revenus de l’industrie de la viande aux États-Unis s’élevaient en 1997 à plus de 100 milliards de dollars.

– L’élevage est responsable de 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre (davantage que les transports) ; est à l’origine de 8 % de la consommation mondiale annuelle d’eau ; occupe près de 80 % de la superficie agricole de la planète, entre les zones de pâturage et celles produisant l’alimentation des animaux.

38 000 enfants meurent de faim chaque jour dans le monde. Si chacun diminuait sa consommation de viande de 10%, cela supprimerait le problème de la faim dans le monde car il faut 16 kg de céréales ou de soja pour faire 1 kg de viande. Lors de la transformation des plantes en viande, il y a une perte de 90 % des protéines végétales, de 95 % des sucres végétaux et de 100 % des fibres.

90 % du soja cultivé dans le monde ne sert qu’à nourrir du bétail à viande. 49 % de toutes les récoltes alimentaires dans le monde sont mangés par du bétail. 64 % des terres cultivables du monde servent à la viande (pâturage et fourrage). Le bétail des pays riches mange autant de céréales que les habitants de la Chine et de l’Inde. (Kousmine, p. 215).

– Pour faire 1 hamburger, il faut 6 m2 soit 1/2 tonne de forêt humide non remplaçable (Bulletin WFA 3/4, 1988). Pour exporter 1 kg de viande de bœuf, il faut perdre 2,5 tonnes d’humus (Bonilla Duran). En 1950, la couverture forestière du Costa-Rica était de 72 %. Actuellement, elle est inférieure à 25 % à cause de la viande d’exportation. 1 MacDonald s’ouvre toutes les 17 heures dans le monde. Ces usines à bouffe merdique produisent 25 millions de hamburgers par jour, ce qui entraîne la désertification de 125 km2 par JOUR de forêt humide.

– Les excréments du bétail représentent 110 tonnes par seconde pour l’Amérique et l’Europe : cela entraîne 50 % de toute la pollution des nappes phréatiques du monde. Les gaz de méthane dus aux ruminants sont responsables de l’effet de serre et du changement de climat : 100 MT par an, molécule CH4 (méthane) 25 fois plus absorbante du rayonnement solaire que le gaz carbonique.

– Les Etats-Unis sont au 35e rang mondial pour l’espérance de vie des hommes. A 65 ans, l’espérance de vie est la même qu’au XIXe siècle (Ivan Illitch, Némésis médicale, 1965). L’espérance de vie décroît dans les pays industriels (Dr Stiller).

– La fertilité des hommes a diminué de 50 % depuis le début du siècle à cause des hormones (œstrogènes) répandues dans l’environnement (viande traitée, engrais chimiques, herbicides et insecticides, houblon, pilule féminine se retrouvant dans l’eau du robinet…). 1/3 des hommes et 1/3 des femmes ont un dysfonctionnement sexuel (SV 8/94 p. 85).

– 75 % des Suisses meurent d’un cancer, dont un quart à cause du tabac et un autre quart à cause de la viande. (Fondation Soleil). 1 kg de viande en grillade contient autant de benzopyrène cancérigène que 600 cigarettes. Les protéines animales sont responsables des 2/3 des décès (cancer, cœur, polyarthrite…).

 – Par rapport au début du siècle, les Occidentaux consomment 50 % en plus de viande et 280 % en plus de volaille. En 10 ans, de 1975 à 1985, les cancers ont augmenté de 80 %, les maladies gynécologiques de 227 % et les maladies cardiaques de 41 % en Allemagne.

– La viande et le poisson sont carencés en certains acides aminés essentiels comme le tryptophane et la tyrosine. La consommation excessive de protéines animales provoque : fuite de calcium, ostéoporose, déchaussement des dents et calculs rénaux. Norme FAO : 0,5 g/kg/j (70 kg=35 g) pour le minimum (0,8 g/kg/j optimum). L’excès de fer dans le sang est plus dangereux que l’inverse : la ferritine dans le sang est la 2e cause d’attaques cardiaques après le tabac. Le maquereau contient 95 mg/100 g de cholestérol et le bœuf 70 mg/100 g.

– L’obésité est devenue un phénomène de santé publique dans le monde « développé ».

– Et pour conclure les végétariens ont 24 % de moins de maladies cardio-vasculaires (et les végétaliens – 57 %) par rapport à la population dite « normale ». Leur longévité est statistiquement très supérieure.

 

 

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