Dans la startup France, le CFO : M. Le Maire

CFO (Chief Financial Officer ou Directeur Financier) : M. Le Maire assisté de M. Darmanin.

 

En matière d’introduction au personnage de Bruno Le Maire il nous semble que l’analyse de l’excellente Charline Vanhoenacker (« Par Jupiter » France Inter) est d’une remarquable pertinence : M. Bruno Le Maire ? Le Brice de Nice de la politique.

Le Maire est un personnage comique antipathique qui n’a pas besoin d’être pardonné, une incarnation de l’explosion de l’ego, un crétin ordinaire dans l’ère du temps. On peut sans difficulté lui prêter les propos de son clone cinématographique : “Mon meilleur ami, c’est moi. Des fois, je me croise et je ne me vois pas. C’est ça qui est incroyable. J’ai l’impression que je suis partout et je suis partout« .

Bruno Le Maire ou, d’après les faits officialisés, la girouette qui se place toujours dans les vents politiques dominants. Quand on a des responsabilités politiques, on peut élargir sa vision, s’ouvrir à des données nouvelles pour évoluer dans ses opinions, dans ses décisions, n’est-ce pas ? On n’en attend pas moins des politiques actifs à travers leur fonction, afin qu’ils ne manœuvrent pas constamment avec une vision étriquée de la réalité. Mais ceci explique-t-il, chez M. Le Maire, ses retournements de positions au sujet du cumul des mandats ? En 2012, députés parmi les Républicains, il dépose une proposition de loi pour une limitation à 3 mandats successifs par élu. Cependant, n’est-ce pas lui qui cumule, dès 2010, un mandat de député et un mandat de conseiller régional durant pratiquement 6 ans ? « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » ? Mais pourquoi d’autres élus bénéficieraient des avantages dont il a su profiter ? En mars 2016, 2 mois après la fin de son propre cumul, il se prononcera contre le cumul des mandats. Pardon ? Oui oui, que ce soit acté : j’en bénéficie, je suis pour. Je n’en bénéficie plus, je suis contre.

Bruno Le Maire, celui qui perd souvent. Il a été vain pour lui de tenter d’être autant qu’il l’aurait souhaité éclairé par les feux des projecteurs politiques. Il échoue aux élections régionales de 2010 en Haute-Normandie. En 2012, alors qu’il brigue la candidature à la présidence de l’UMP, il ne parvient même pas à recueillir la quantité nécessaire de parrainages pour s’y présenter. Persévérant –ou ambitieux, ou obsédé par le titre de président-, le voilà derechef candidat pour la même présidence en 2014. Il perd avec 29.18 % de voix en sa faveur. Qu’à cela ne tienne : on ne veut de lui pour la présidence d’un parti ? Il visera, désormais, la présidence du pays. Il n’a cependant pas davantage de succès à la primaire française de la droite et du centre, en 2016, étant classé 5ème avec un total de 2.4 % des voix.

Bruno Le Maire, celui qui devait rapetisser quand il était question des « Affaires » de M. Fillon. Il a dû avoir des cauchemars, M. Le Maire, dès la fin de janvier 2017, tandis que le Canard Enchaîné mettait sur la place publique les emplois dits fictifs de l’épouse Penelope. Se souviendrait-on que fin 2013, Mediapart a déclaré son épouse, Pauline Le Maire, mère de 4 enfants, rétribuée par l’Assemblée comme assistante parlementaire à temps plein de 2007 à l’été 2013 (période qui a connu deux longues interruptions pour congé maternité, de surcroît) ? Rappellerait-on aux citoyens que dans un portrait consacré au couple Le Maire par Paris-Match (02/2011), sa tendre était présentée et parlait ainsi : « Sa femme Pauline, artiste-peintre, petite-fille et nièce d’agriculteurs du Gers, l’a aidé. « Je l’ai parfois vu arriver à la maison en lambeaux, car il doute en permanence de lui et se remet en question profondément. Il a fallu le rassurer. » ». « Artiste-peintre » ? Pourquoi son poste d’assistante parlementaire est tu ? D’après des proches, elle serait intervenue sur le site Internet de son époux, l’actualisant… 4 752 € brut mensuels, 37 h par semaine, 4 enfants, 2 congés maternité, une fonction d’assistante parlementaire passée sous silence, mais non niée par l’élu. Dès janvier 2009, le siège de député de l’époux est cédé à son suppléant Guy Lefrand, le 1er entrant au gouvernement. Mais il aurait demandé à son remplaçant de conserver son épouse comme assistante, avec la même rétribution. Après cette information de Mediapart, il a été conclu qu’il s’agissait d’un emploi de complaisance.

http://www.huffingtonpost.fr/2013/10/08/emploi-femme-bruno-le-maire-assemblee-nationale_n_4064383.html

Bruno Le Maire, le pauvre. Sollicité en 2016 pour signifier son avis sur le thème de la corruption des politiciens, il a osé révéler son opinion : un homme d’état ne se doit pas d’être honnête, il doit être très fortement rémunéré afin de ne pas être tenté par la corruption (!).

http://www.observatoire-corruption.org/qatar-bruno-le-maire-nos-tres-chers-emirs-christian-chesnot-georges-malbrunot/

À cette même date, il est lui-même « mal-rétribué » par 11 000 € mensuels.

Bruno Le Maire ou, selon de nombreux Républicains, « le traître ». Oui, celui qui, au cours de la campagne pour l’élection présidentielle 2017, blâmait le discours « ni droite ni gauche »  qu’il considérait « mensonger » du futur candidat alors encore ministre de l’économie, a aussi présenté Emmanuel Macron comme « l’homme sans projet », qui porte « une idéologie qui a planté la France », celui-là même s’est affirmé prêt à rejoindre le vainqueur « En Marche ! » quelques heures après sa victoire. Parlant de celui qu’il souhaitait désormais rallier, n’avait-il pas pourtant également dit « il porte la responsabilité de l’augmentation massive du chômage » ? « Le traître perfide » est un pléonasme qu’il ne nous dérangerait pas d’employer, pour qualifier le personnage Le Maire.

Pour information, rappelons quelques-unes des propositions de son programme présenté à la primaire :

  • Suppression de l’impôt sur la fortune ;
  • Réduction des indemnités chômage et du revenu de solidarité active ;
  • Mise en place de « petits boulots » payés à hauteur de 5 euros par heure, pour les bénéficiaires des minima sociaux ;
  • Suppression du droit de certains syndicats à être seuls à pouvoir présenter des candidats au premier tour des élections syndicales.

Cela est certes proche du macronisme, si ce n’est similaire.

Mais Bruno Le Maire n’a pas été le seul à quitter les Républicains, pour sauter en macronite en cours de marche : Gérald Darmanin n’a pas hésité à marcher dans son sillage. Tous deux ont couru, en réalité, se réfugier auprès de celui qui s’était annoncé, dès le mois d’octobre 2016, pouvoir être le chef de l’État « jupitérien ». D’ailleurs, connaissait-il, à cette époque, les surnoms dont il était affublé par divers ministres avec qui il partageait le gouvernement ? Cela aillait de M. Couac 40 au Petit marquis poudré, en passant par Tullius Detritus -une référence au personnage de la bande-dessinée Astérix et Obelix qui sème la zizanie sur son passage[1]– jusqu’au Coucou[2]. Il était d’ailleurs également surnommé le Coucou du ministère de l’egonomie. Pas mal, n’est-ce pas ?     

Mais nous allions aborder le cas de M. Darmanin.

Si tant est que l’on puisse accorder un peu de crédit à des disciplines contestables telles la morphopsychologie, M. Darmanin serait l’archétype du fourbe. Un visage poupin, un regard fuyant, une gestuelle désordonnée en font un pantin pathétique dans un univers de médiocres. Allure de jeune homme irréprochable au discours policé, il sera un aficionado du parti « Les Républicains » et finira par endosser le costume de porte-parole de l’ineffable M. Sarkozy. Un faux air de gendre idéal cache une pensée crasseuse proche de l’extrême droite et un socle idéologique fondé sur la réalisation du moi. M. Darmanin est une incarnation de cette époque sans corpus, une forme désuète de la médiocratie.

Darmanin nous inflige tous les oripeaux d’un discours sans âme, une langue de bois où culmine l’art du non-sens. Outre sa personnalité qui fait consensus y compris parmi ses « amis » politiques, M. Darmanin est prêt à toutes les bassesses politiques pour figurer sous les lumières blafardes de ce gouvernement de paillassons de la finance. Il cautionnera, durcira toutes les décisions les plus contestables de cette administration de fantoches afin de satisfaire ses nouveaux maitres. Gageons que la servilité de M. Darmanin restera une référence dans le domaine de l’art de la politique de bas-étage. M. Darmanin flirte avec l’extrême-droite la plus poisseuse. M. Darmanin est un déchet de la République. Il est de ceux qui figureront dans le troupeau que l’histoire mentionnera comme artefact d’une époque de grande régression, une forme de nullité au service de la médiocrité. Il est difficile d’évoquer ce qu’est M. Darmanin tant son existence politique converge vers l’adaptabilité à toutes les macroneries les plus infectes.

Darmanin pourrait être qualifié irritant, ce serait lui faire bien de l’honneur, il n’est que consternant. Les marches qu’il a gravies sont couvertes de bran qu’il a piétiné sans remords et sans états d’âme. Comment peut-on espérer un souffle d’espoir de cet ectoplasme qui détricote ce que ses illustres prédécesseurs ont construit avec tant d’intelligence, de courage et de vision ?

Darmanin, nous avons la faiblesse de constater que vous êtes un sous-produit macronien. On avait des difficultés à imaginer les produits dérivés de la vacuité macronienne, vous en êtes l’incarnation. Vous êtes avec M. Le Maire de ces espèces qu’il est bon d’observer tels des entomologistes politiques curieux de ce que peut générer ce courant pourri macronien.

[1] D’après le chroniqueur Nicolas Domenach, plusieurs ministres surnommaient ainsi M. Macron.

[2] « Selon plusieurs ministres, à la tête du ministère de l’Economie, Emmanuel Macron aurait la fâcheuse manie de marcher sur leurs plates-bandes et de tenter de s’approprier les sujets de certains autres ministres », croit savoir RTL. Un comportement qui rappellerait celui d’un oiseau qui pond dans le nid des autres… et qui aurait valu à l’ancien salarié de Rothschild de se faire appeler Le coucou.

 

 

 

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