Dangers imminents et alarmants

1. Nous vivons une situation qu’il est impératif de considérer comme alarmante.
Tous ceux qui minimisent à dessein ou par simple inconscience l’extrême gravité du problème sont des assassins en puissance, complices de crimes contre toutes les espèces terrestres. Il faut être pessimiste parce que la situation l’exige. Ceux qui baignent dans un océan d’optimisme inconscient à la lumière de quelques initiatives marginales sont également complices de crimes contre toutes les espèces terrestres. Seules des prises de décisions d’une radicalité extrême sont congruentes à cette situation mortifère.

2. La consommation animale est non seulement une hérésie écologique mais également un problème éthique fondamental. Quelques chiffres sont incontournables à ce stade.

  1. En 2014, ont été tués dans les abattoirs français :– 747 900 000 poulets
    – 76 100 000 canards, dont 37 300 000 canards gras
    – 45 900 000 dindes
    – 36 800 000 poules
    – 31 700 000 lapins
    – 25 100 000 pintades
    – 23 653 000 cochons
    – 4 642 600 bovins, dont 1 305 300 veaux
    – 3 685 900 agneaux
    – 714 600 chèvres
    – 544 800 moutons adultes
    – 300 000 oies
    – 17 100 chevaux
  2. La consommation de viande dans le monde 323.000.000.000 kilos de viande en 2017
  3. La consommation de viande dans le monde en 2014 : 311,8 millions de tonnes
  4. La consommation de viande dans le monde en 2013 : 308,5 millions de tonnes
  5. La consommation de viande dans le monde en 2012 : 304,2 millions de tonnes
  6. La consommation de viande dans le monde en 1983  : 145,3 millions de tonnes
  7. La production mondiale de viandes en 2012 : 302,4 millions de tonnes (FAO). Elle devrait atteindre 465 Mt. en 2050.
  8. La consommation mondiale de poissons devrait progresser de 15 % entre 2018 et 2030, selon un rapport publié ce lundi par l’agence des Nations unies pour l’Alimentation (FAO).
  9. Elle passerait ainsi de 179 millions de tonnes de poisson en 2018 à 204 millions de tonnes en 2030, selon ce rapport sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture. Les ressources marines sont épuisées, et on en connait les causes.
  10. Il faut 15 000 litres d’eau pour produire 1 kg de bœuf et 900 litres d’eau pour produire 1 kg de blé.

Mais, outre ces chiffres vertigineux et d’une éloquence qui se passe de commentaires, il est impératif de prendre conscience de la souffrance que l’espèce humaine inflige aux animaux tant au niveau de l’élevage qu’au niveau de l’abattage. L’association L214 a fourni de nombreux reportages sur les atrocités qui sont commises dans les élevages indécents et sur les conditions de mises à mort. Le régime carné participe à l’accroissement du problème du devenir de l’Humanité.

3. Le capitalisme est une source causale essentielle de ce désastre et ne saurait en aucune manière apporter de solution à cette catastrophe annoncée. Toute tentative alter-capitaliste porte en elle l’échec d’une solution.
La nature du capitalisme exige une croissance permanente afin de produire de la « richesse » propre à faire croître le capital d’une minorité possédant l’essentiel des ressources naturelles mondiales. La consommation est le moteur de sa croissance, la compétition économique son défi. Pour satisfaire son développement sans fin, les politiques mondiales autorisent le pillage et le saccage des ressources naturelles. Le fétichisme de la marchandise est devenu l’horizon de la réalisation de l’homo economicus par ailleurs esclave de son travail destiné à faire croître le capital.

4. L’Homme s’est construit sur le mythe de la toute puissance et tant qu’il n’évoluera pas, nous continuerons à courir vers ce désastre. C’est donc à un changement inévitable de paradigme que nous devons travailler sans tarder. Les représentations de l’espèce humaine dans le monde du vivant doivent se transformer. L’espèce humaine ne représente que 0.01% de la vie sur terre. Les injonctions de « croissance, multiplication, domination » auxquelles il devait souscrire et qu’on lui a enseigné depuis l’omnipotence morale judéo-chrétienne est un poison qu’il faut éradiquer.

5. Si les données scientifiques sont nécessaires à la compréhension du problème, voire à une partie de la solution, l’implication politique est fondamentale. Les bouffonneries de Macron sur le Convention Citoyenne pour le Climat sont absolument pathétiques. De longues dates le corps politique se moque éperdument des consultations citoyennes. Faut-il invoquer la négation du référendum de 2005, ou encore la consultation citoyenne suite aux manifestations de Gilets Jaunes ? Ce gouvernement comme tous les gouvernements européens, voire mondiaux sont désormais les vassaux des puissances économiques. Ce ne sont certainement pas des propos conspirationnistes que d’affirmer cela, ils ne s’en cachent d’ailleurs pas. Bernard Arnault, 1ère fortune mondiale (dans l’industrie du luxe !) déclare : « Les entreprises, surtout internationales, ont des moyens de plus en plus vastes et elles ont acquis, en Europe, la capacité de jouer la concurrence entre les États. […] L’impact réel des hommes politiques sur la vie économique d’un pays est de plus en plus limité. Heureusement. » Bernard Arnault in « La passion créatrice ». La CCC avec ses 150 propositions de bon sens que tout le monde savait déjà s’est à l’heure actuelle fait retoquer 5 propositions. Mais le pire n’est pas là. Quelle est la probabilité de mise en œuvre des propositions ? A la lumière de ce que nous connaissons, il est à craindre qu’elle soit dangereusement convergente vers zéro. Le raz de marée écologique de ces dernières élections municipales est une mystification tragique, les votants ont investi ces bouffons de leur espoir, quand ceux-ci déclarent à l’instar d’Antoine Frérot le patron de Veolia « l’écologie n’est pas l’ennemi de l’économie ». Nous sommes là dans le leurre de solutions alter capitalistes du point 3.

Voilà en quelques points les sujets auxquels il est impératif de réfléchir. Discutons-en, partout, tout le temps avec le maximum de personnes.

2/07/2020

Aurélien Barrau : « Il faut absolument être alarmiste »

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.